Petites escales urbaines, après les randonnées dans les grands espaces. D’abord la ville de Sucre, que l’on a atteint d’un coup d’avion afin d’éviter les 13 heures de bus… Grosse bourgade au charme colonial ; officiellement encore la capitale de la Bolivie… enfin, je n’ai pas tout compris : depuis des décennies, il y a une concurrence féroce entre La Paz et Sucre pour le titre de capitale, et aujourd’hui je crois que La Paz est capitale administrative et Sucre, capitale constitutionnelle… quoique cela veuille dire… Sucre est la ville aux 4 noms ; les espagnols l’avaient d’abord nommé La Plata, à cause des mines d’argent qui ont fait la richesse de la ville. Puis on l’a rebaptisé Sucre, du nom d’un général valeureux, sympa ! On l’appelle encore aujourd’hui la ville blanche, car en effet, c’est ce qu’elle est : une ville de maisons blanches, une ville propre, nette, élaborée sur un plan quadrillé ; impossible de s’y perdre... et d’innombrables églises et clochers blancs biensûr. Ça rappelle l’Andalousie, la canicule en moins. Il est sensé faire plus chaud ici, dans les 18°, mais nous avons eu droit aux gros nuages. La couleur du ciel reflétait ma petite forme : un moment de faiblesse physique généralisée qui m’a fait passer une grosse partie de la 1ère journée au lit. Comme on logeait chez l’habitant, ça m’a donné un moment l’illusion d’être à la maison !
Malgré tout, j’ai bien apprécié cette coquette et dynamique ville qui est aussi le plus gros centre universitaire du pays : ça se comprend vite à la vue du nombre incalculable de boutiques de photocopies ! Si je devais me décider à faire un cours intensif d’espagnol, je reviendrais bien ici.
Après Sucre, nous nous sommes rendus à 3 heures de route de là, à Potosi, qui fût la plus grande ville d’Amérique Latine de l’époque coloniale, à cause des mines d’argent encore : les pièces d’argent de la couronne espagnole venait de là ! La mine reste une industrie majeure pour la ville et est présente partout: les graffitis et symboles des mineurs sur les murs, les drapeaux des coopératives, les gueules noires certes débarbouillées dans les rues… Les conditions de travail des mineurs ne se sont pas améliorées depuis l’époque coloniale car ils doivent creuser toujours plus profond, avec la menace permanente que la montagne trouée comme un gruyère s’écroule. Les mineurs tiennent grâce à la coca, qui les embrument un peu et leur font oublier la faim et la chaleur (ça monte jusqu’à 40° dans les tunnels les plus profonds). C’est Germinal, pas plus, pas moins, au 21ème siècle en Bolivie.
La mine est devenue une attraction touristique : des tours opérateurs embarquent les touristes dans les tunnels, guidés par d’anciens mineurs, des Etienne Lantier reconvertis. Les touristes peuvent ainsi se rendre témoin du travail ingrat des mineurs défiant leur dignité d’homme... et contre quelques petits cadeaux (feuilles de cocas, cigarettes, bâtons de dynamite – oui, oui), ceux-ci raconteront leur histoire aux touristes. Des touristes qui en majorité ressortent de là éprouvés physiquement et moralement. Jan sera de ceux-là. Moi, je décline ; je veux pas y aller. En plus d’être claustrophobe, j’ai encore en tête mon expérience horrible dans la mine de souffre à ciel ouvert, dans le cratère d’un volcan sur l’île de Java en Indonésie, qui se visite aussi comme une attraction touristique. J’y avais vu venir ma dernière heure lorsque le vent s’était brusquement retourné et nous avait plongé dans le noir et les vapeurs toxiques qui nous piquaient les yeux et la gorge. Des mineurs bienveillants, qui subissent ce genre de phénomène quotidiennement, nous avait alors collé contre la paroi de la pierre, pour qu’on essaie de capter les bulles d’oxygène encore emprisonnée… Nous étions restés comme ça peut-être 10 minutes jusqu’à ce qu’un mineur nous crie de remonter, une fois le nuage un peu dissipé. Ce fût les 10 minutes les plus longues de ma vie et ma remontée d’un cratère la plus rapide aussi. Cette expérience personnelle, plus la vision de ces pauvres mineurs qui travaillaient avec leurs mains et leurs pieds nus dans le souffre toxique, m’avait retourné le cœur – Roberta avec qui je voyageais s’en souvient aussi bien que moi ; jusqu’à aujourd’hui, j’en ai les larmes aux yeux. Hors de question donc de me replonger dans cette tristesse-là. Je serai lâche, et pendant que Jan se porte témoin volontaire, je fais le tour de la ville.
Potosi donc, jolie petite ville colorée, à 4600m d’altitude. La couleur ocre domine et irradie sous le soleil d’hiver. Population moins sophistiquée qu’à Sucre, et visages moins souriants et chaleureux qu’à La Paz ; on sent qu’on n’a pas la vie facile ici. Mais ville plaisante, chargée d’histoires, avec de jolis bâtiments coloniaux et une splendide cathédrale en pierre, en cours de restauration.
La prochaine étape, c’est le Salar de Uyuni : le désert de sel… encore une raison pour laquelle j’ai inscrit la Bolivie tout en haut de ma liste de pays à visiter. On a acheté une couverture polaire en prévision des -20° qu’on devra affronter la nuit ; ça promet d’être… amusant ??

Hello my dear travellers.
ReplyDeleteI have to admit that I cannot read all your blog - simply too much information for a "left behind". But what I understand is that you have a great time - sometimes with some health issues, though. I remember the story from Indonesia...so I fully understand that Blandine did not go into the mine.
We are all happy Costy and me...planning our wedding is getting into serious business. We have the church, the place and the priet. We went to church here in Etterbeek today, as the religious introduciton of our wedding is done in Etterbeek. The priest is simply great...a young dynamic example of how you wish the whole catholic church should be...full of kids runnning bare footed around the altar during the celebration and everybody smiling and applauding at us when we were asked to introduce ourselves in front of the congregation....simply a wonderful moment.
If you have any adress in Cambodia to give to us we will send you the invitation (symbolically, but maybe you come back earlier???). It is getting closer and I feel better every day. We are going to Italy from the 20 - 26. in order to check out place again, decide the menu, the flower decoration etc...
For the rest: It's a hot summer even in Belgium. We had 35° on Friday...the city is boiling and it is really special!
And:IT'S FOOTBALL!!! Watching Germany play is a real pleasure and who knows where I am in one week...I hope in front of a TV waiting for the kick-off in the final. Yesterday we went to Aachen watching Argentina being sent back...well, we had fun. 4:0 against Maradona and Messi...a time to remember and to tell your kids about later...Doing Autocorso with Abdullah driving, Hellen and Costy shouting and Chris and me just enjoying...
I'll go to have dinner now and leave you to your next adventure. So, take care and enjoy your trip - I promise to read more of it!!!
Hugs, Kisses and Cheers from our Balcony
P&C
so happy for you and so sad i´ll miss the wedding...
ReplyDeletei´m running for Germany in the World Cup: it would just too good that in the same year you get married and Germany wins the Cup!!!