Quelle joie et quel privilège que de se faire accueillir à l'aéroport de Phnom Penh avec des colliers de fleurs de jasmin remis par Theara (4 ans) et Theary (8 ans), accompagnées de leurs parents, Noeun et Thear, ma "petite famille cambodgienne". Je me sens comme de retour à la maison! Nimmi, Jeffrey et leur petite fille Asiyih nous rejoignent plus tard autour du verre de l'amitié à l'hôtel.
Durant nos week-ends de liberté, nous aurons toujours le même plaisir à retrouver nos amis et faire le plein de nouvelles, sachant qu'il est peu probable que nous revenions au Cambodge avant plusieurs années. Je suis extrêmement fière d'entendre Theary parler un si parfait anglais; cela fait 5 ans que je la sponsorise pour suivre l'école en anglais et cela a porté ses fruits, non seulement d'un point de vue linguistique mais aussi par rapport au goût qu'elle a développé pour l'apprentissage et l'école. Elle réussit très bien autant à l'école cambodgienne qu'à l'école en anglais, à la satisfaction de ses parents et avec l'admiration sans borne de sa petite soeur Theara.
Malheureusement, la période estivale de notre visite coïncide avec les vacances d'autres amis établis au Cambodge et nous ne pourrons pas les voir cette fois-ci... Toutefois, la cerise sur le gâteau aura été de partager un dîner avec Frenzi, et Katja, des amies de Bruxelles en vacances au Cambodge!
Phnom Penh a beaucoup changé depuis que j'y ai vécu entre 2003 et 2004: certains changements sont positifs bien entendu, et certains beaucoup moins - si prévisibles et typiques d'un pays en développement qui cherche à tout prix à prétendre rejoindre la cour des grands. Cote positif, je note que la ville est plus propre, plus conviviale: des parcs ont ete amenages et les familles viennent s'y ballader le soir, manger une glace ou jouer au badmington. Les enfants peuvent trouver ca et la dans la ville des installations de jeux gratuits et agreables. La croisette le long du Mekong a ete reamenage, et malgre l'absence de bancs a l'ombre, ca rehausse cette partie de la ville hautement touristique. Un marche artisanal de nuit a ete cree au bout de la croisette; la cerise sur le gateau. Je note aussi que de nombreuses rues ont ete bitumees, inclue la rue 292 dans laquelle j'habitais qui etait en laterite; ce qui voulait dire simplement de la boue en saisie des pluies. Cote negatif, la regle semble se confirmer: quand on a de l'argent il faut le montrer. Le nombre de Hummer et de grosses 4X4 s'est multiplie, de meme que les maisons pompeuses a colonnades et vitres teintees - faisant face a des petites baraques faites de bris et de broc. Le boulevard Sihanouk est meconaissable: c'est devenu une succession de magasins chics d'habits modernes sur plusieurs etages avec des grandes vitrines.
Dans tout cela, certains de mes endroits preferes ont disparu: exit le salon de beaute a cote du CCF, et le cafe du CCF; exit le cinema kirirom qui etait le repere pour aller chez moi - detail assez revelateur: ce cinema est devenu un hotel casino!!
Ceci dit, la ville garde un charme bien asiatique; les gens, petits et grands, continuent de vivre, manger, dormir, jouer dans les rues; à leur visage s'accroche sans peine un grand sourire après l'échange d'un "hello". C'est le Cambodge que j'aime! Avec une certaine nostalgie, j'ai effectué les passages obligés pour des emplettes au marché russe (où je retrouve quelques visages familiers parmi les marchands de soie et de nourriture); chez Ambre, la boutique de l'excellente styliste cmabodgienne Romida Keth (où je me suis fait faire une magnifique robe de cocktail); et chez Beautiful Shoes (sans Sopheap) d'où je suis partie avec quatre nouvelles paires de chaussures faites sur mesure...
Et biensûr, massages, manicure, pedicure, soin du visage: si parfait, et si nécessaire pour se débarasser de la sueur, de la poussière et de la pollution, et se sentir féminine à nouveau, même pour un court instant! Ce sont là aussi mes grands plaisirs du Cambodge!
Nous avons consacré un week-end à revisiter les temples d'Angkor (la deuxième fois pour Jan et la sixième fois pour moi!). La magie d'Angkor Wat, du Ta Prohm et du Bayon reste intacte, même sous une chaleur de plomb (env. 39 degrés). Mehran, un ami de la première époque qui habite à Siem Reap, est venu egayer notre dîner aux Orientalistes, avec son rire incomparable.
C'est à Phnom Penh que j'effectue les premières analyses de sang et la première echographie. Quelle émotion immense que de faire connaissance avec ce petit être qui grandit en moi. Impossible de contenir nos larmes à la vue de ce profil en noir et blanc sur l'écran - nous sommes bouleversés, tellement heureux. Et, je suis si contente d'associer à nouveau le Cambodge à un des plus grands changements de ma vie. Dès le retour de l'hôpital, nous annonçons - enfin! - la bonne nouvelle à nos familles et à nos amis: c'est encore tellement de joie d'entendre et de lire leurs réactions, remplies d'amour et d'humour (en vrac, nous avons eu droit à des larmes, à un "mais, pour de vrai??", des "je le savais, j'en étais sûr", un "holly shit!", un "waow, fuck, waow"...).
Au camp, les réactions à l'annonce faite le dernier jour sont toutes aussi chaleureuses. Les petites filles avec lesquelles j'ai passé le mois sont en extase, et viennent me toucher le ventre ou poser leur oreille. Je m'amuse à les surprendre en donnant un grand coup de respiration; elles sont persuadées que le bébé a bougé! Les moniteurs, eux, nous font la fête: les garçons attrappent Jan et le jetent en l'air à plusieurs reprises; nous recevons de nombreux messages de félicitations qui font chaud au coeur.
Je ferai bien 10 bébés, rien que pour revivre encore ces précieux moments de joie partagée autour de l'annonce de l'arrivée de quelqu'un que personne ne connaît. Fascinant!

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